samedi 13 novembre 2010

Parcours de céramiste - Clémentine Dupré

Juillet 2010, Clémentine me reçoit dans son atelier à Menilmontant. Vitrine sur rue, pièces exposées, l'atelier respire le calme et la concentration. Les pièces à décorer s'empilent. La céramiste part au Japon dans un mois. Elle doit préparer ses commandes de Noël avant de partir...et puis, elle commence à raconter...




Itinéraire d'une sensible très, très déterminée...
Clémentine fait de la céramique depuis l'enfance. Elle veut en faire son métier. Ses parents lui demandent de faire des études. Elle choisit l'ethnographie. Au cours d'un voyage d'étude en Chine, elle arrive dans un village de porcelainiers, un potier est en train de tourner dehors. C'est le déclic, Clémentine décide de tout plaquer pour revenir à ses premières amours. C'est décidé elle sera céramiste.

Rentrée à Paris, elle se met en quête d' une école, fait le siège de Duperré qui ne veut pas accepter sa candidature à cause de son âge et à force de répétition - Clémentine dit les avoir eu à l'usure - elle intègre l'école.
Fin de première année, elle pense lâcher puis autre rencontre : stage chez Sandy Brown. A l'opposée de Clémentine, Sandy est fougueuse, extravertie, n’a peur de rien, aime la démesure, les grands volumes, la couleur...elle pousse Clémentine, la challenge.
En fin de deuxième année, Clémentine, sélectionnée pour poursuivre un post-DMA (Diplôme des Métiers d’Art),  travaille avec la Manufacture de Sèvres sur un projet - une école de rigueur, d’attention aux choses, de recherche de la perfection. Elle passe ensuite un an dans l'atelier de Marie Verlet-Nezri à Paris.

Puis c'est l'installation. Le banquier, l'agent immobilier qui lui fait visiter son local ne la prennent pas au sérieux, mais qu'importe, elle s'installe. Depuis, les projets, les succès, les signes de reconnaissance de la qualité de son travail se succèdent.

Partir s'étonner au Japon 
De fin août au mois de novembre 2010, Clémentine sera au Japon avec son ami. Encore un projet qui peut paraître compliqué et qui finalement, pour elle, s'est fait très simplement. En 2009, pendant les Journées de la Céramique de Saint Sulpice, elle rencontre Keisuke IWATA, un céramiste Japonais. Sur son stand, il a mis une petite annonce, il souhaite échanger son atelier au Japon pour un atelier à Paris pendant quelques mois. Clémentine saute sur l'occasion, les voyages lui manquent. Elle fait visiter son appartement et son atelier au couple Japonais, ils le trouvent mignon, charmant et l'affaire est faite, dans un an, ils échangeront leurs ateliers.

Je m'étonnais de ne pas avoir lu plus de billets sur la préparation de ce voyage sur son blog et j'ai compris en l'écoutant qu'elle avait peu écrit simplement parce que les choses s'étaient faites simplement, sans histoire.

Vous pouvez d'ailleurs suivre ses pérégrinations, découvertes, sujets d'étonnement sur son blog. L'atelier se trouve près de la ville de Fukuoka, sur l' Ile de Kyushu, l'Ile de la porcelaine, juste en face de la Corée.

Les pièces réalisées pendant sa résidence sur l'Ile seront visibles en janvier 2011 à la Galerie Accro-Terre.

 A bâton rompu : quelques questions / réponses :

Q. Pourquoi la porcelaine?
R. A cause de son son, c'est le plus beau son. Et puis, j'aime aussi le côté têtu de cette terre à laquelle on ne fait pas faire ce que l'on veut. Elle est têtue, comme moi.

Q. Si c’était à refaire, qu'est-ce que vous feriez différemment?
R. (silence)...Rien, je n'ai pas de regrets. Mais si c'était à refaire, j'hésiterais moins à aller voir les grands céramistes. C'est un métier dans lequel il y a beaucoup d'entre aide et les céramistes reconnus ont beaucoup de bienveillance. Je n'osais pas vraiment les approcher au début.

Q. Où trouvez-vous l'inspiration ?
R. J'adore les ballets contemporains. Quand j'en vois un, je vois des pots danser sur scène. Si, si, c'est géomérique, ça ondule...Quand je rentre chez moi, je me jette sur mon carnet pour dessiner tout ça. 

Q. Est-ce qu'il y a une question que j'aurais dû vous poser?
R. Non...heu, oui. Quels sont les céramistes que j’aime…
Wayne Fischer, Guy Honoré, Francine Triboulet, Laurent Dufour, Marit Kathriner…Et pour chacun d’entre eux, quand je la questionne sur le « pourquoi j’aime », la réponse mélange invariablement leur travail et leur personnalité, tout ceci enrobé d’une bonne dose d’affectif.

En conclusion, ne vous fiez pas à sa petite voix. On peut être introvertie, presque timide et très, très déterminée.

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